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Adéquation formation / emplois génie nucléaire

 

Un recrutement en génie nucléaire toujours soutenu, malgré le contexte post-Fukushima, une offre de formation française aujourd’hui adaptée

 

 

Après une longue période de stagnation, l’énergie nucléaire semble appelée à un renouveau, en particulier compte tenu de l’accélération des besoins énergétiques des puissances émergentes, et ce malgré le dramatique accident de Fukushima. La Chine et l’Inde, par exemple, entendent poursuivre leur ambitieux programme électronucléaire, tout en s’engageant à tirer les leçons de l’accident en termes de prévention et de gestion de crise.

Dans ce contexte, les acteurs industriels français veillent au renouvellement et au développement de leur potentiel humain pour être prêt à accompagner ce développement sur le plan international, mais aussi pour garantir la performance d’exploitation du parc français. En effet, les générations d’ingénieurs recrutées lors des décennies 70 et 80, à l’époque du grand programme de construction du parc, (les « forces vives ») partent désormais à la retraite et doivent donc être remplacées.

Il s’agit donc de former une nouvelle génération de personnels, en maintenant les savoirs et savoir-faire acquis et continuer à garantir l’excellence de notre secteur énergétique français


Une étude menée par l’observatoire paritaire OPIIEC en 2008 estimait un besoin global en recrutements en France, pour l’ingénierie nucléaire, de l’ordre de 1000 ingénieurs par an, au-delà de l’année 2012[1]. La seule entreprise EDF devait représenter, à elle seule, la moitié de ce besoin global, essentiellement pour son parc en exploitation.

Cette étude, menée avant l’accident de Fukushima, semble rester aujourd’hui pertinente, du fait des hypothèses retenues alors :

-       Même si l’étude envisageait, à l’époque, un programme ambitieux de construction de centrale dans le monde, pour lequel les industriels français pouvaient jouer un rôle important, la part retenue pour les créations d’emplois associées était faible, compte tenu que les grands donneurs d’ordre ne prennent ces décisions que sur la seule base de commandes fermes.

-       De même pour les prestataires de service, dont l’activité couvre généralement plusieurs secteurs industriels, qui réoriente leur personnel d’un secteur à l’autre suivant la demande exprimée.

-       En conséquence l’essentiel du flux estimé avait pour principale origine le maintien des compétences dans le domaine de l’exploitation, de la maintenance et de l’ingénierie du parc français actuel.

La même étude évaluait la ventilation, par domaines de compétences, de ce besoin global annuel. Les métiers du Génie Atomique (combustible, neutronique, sûreté, conception & process, conduite) représentaient alors près de 40% de l’ensemble, soit de l’ordre de 400 ingénieurs par an.

Les annonces faites par EDF dans la presse, dernier semestre 2011, confirment ces données.

EDF reste aujourd’hui, directement ou indirectement, à l’origine de l’essentiel de la demande. Les déclarations du chef de projet « renouvellement des compétences » de la direction production ingénierie, confirment le départ à la retraite de 40% des cadres EDF sur la décennie 2007-2017 et des besoins spécifiques liés au démarrage des EPR français et chinois (voire britanique).  Huit cents recrutements de jeunes ingénieurs étaient ainsi prévus en 2011 par EDF, avec parmi les six métiers cibles, quatre métiers « Génie Atomique » (ingénieur de conduite, ingénieur sûreté, ingénieurs d’études et ingénieur formateur).

Cette demande dominante d’EDF (et de ses sous-traitants), très majoritairement pour son parc en exploitation et ses projets EPR engagés, explique la faible incidence de l’accident de Fukushima sur le recrutement des jeunes ingénieurs français en génie nucléaire.

 

En parallèle, selon l’Institut International de l’Energie Nucléaire (I2EN), dans son dossier de presse du 27/06/2011, le nombre d’étudiants bac +5 (masters et formations d’ingénieur) du domaine nucléaire est passé de l’ordre de 400 en 2007 à plus de 1000 diplômés par an en 2011, de par la montée en puissance des formations existantes et la création de nouvelles.  

Pour l’année universitaire 2010-2011, la répartition entre types de formations était la suivante :

Type de formation

Exemple

Nombre d’étudiants

année 2010-2011

Formation ou option approfondie au génie nucléaire (» 500 heures)

Génie Atomique, Phelma GEN, Master Nuclear Energy

    400

Enseignement nucléaire thématique

Master matériaux nucléaires Grenoble, Chimie Montpellier

    280

Option initiation au nucléaire (50 à 150 heures)

Option énergie centrale, ENSI Limoges

    350

TOTAL

 

    1000

 

L’I2EN concluait ainsi à une situation proche de l’optimum en ce qui concerne l’adéquation de la réponse du dispositif de formation français au besoin exprimé par le l’ensemble du tissus industriel français.

 

Enfin, pour élargir l’analyse au niveau européen, il est à noter qu’une expertise complète de la réponse aux besoins quantitatifs et qualitatifs, avec évaluation de l’incidence de l’accident de Fukushima, est en cours par l’observatoire européen des ressources humaines dans le secteur de l’énergie nucléaire (EHRO-N).

 

 

Texte publié dans le cadre de la demande d'habilitation du Génie Atomique par la CTI, auteur : B.Tarride



[1] flux supérieur de l’ordre de 1200 à 1400 /an, sur la période 2008-2012

ESPACE PRIVÉ

 
 

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