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Edito 2014 / Edito 2011

 

Fukushima, renaissance du nucléaire et renaissance du Génie Atomique

 

L’accident de Fukushima du 11/03/2011 va-t-il mettre fin à la « renaissance » attendue du secteur nucléaire au niveau mondial ?

Les premières enquêtes effectuées mi 2011 conduisent à répondre par la négative à cette question.

 

Ce pronostic résulte d’une étude du journal britannique « The Economist ». Selon cette enquête (parue à la mi-juillet  2011) la production d’électricité nucléaire devrait augmenter de + 25 % environ d’ici à 2020. Cette croissance résultera de la mise en service des réacteurs dont la construction est d’ores et déjà engagée au niveau mondial et non remise en cause par les pays concernés, et ce malgré la décision de l’Allemagne. En effet, selon l’étude, l’arrêt définitif des réacteurs allemands d’ici 2020 sera plus que compensé par la mise en service de nouveaux réacteurs, essentiellement en Chine, Inde et Russie, mais aussi par exemple en Arabie Saoudite (projet de construction de 16 réacteurs nucléaires annoncé le 01/06/2011). 

 

Les analyses de l’AIEA rejoignent celles du magazine britannique : le directeur général de l’Agence, M. Amano, a déclaré le 26 juillet, que « le nombre de réacteurs nucléaires dans le monde va encore augmenter, même si le rythme ne sera pas aussi rapide qu’avant ». Et si l’Allemagne « a revu sa politique en matière d’énergie nucléaire, a noté M. Amano, de nombreux autres pays pensent qu’ils ont besoin des réacteurs nucléaires, notamment pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique ».

 

L’accident de Fukushima a suscité, à juste titre, une forte émotion dans l’opinion mondiale. Il est vraisemblable que certaines décisions de construction soient reportées dans le temps, pas uniquement pour des raisons d’opinion publique, mais du fait d’une mobilisation de tous les acteurs pour engager des études et améliorations en vue d’un renforcement de la sûreté nucléaire des installations en exploitation, et ce afin d’intégrer tous les enseignements de cet accident.

 

Dans un tel contexte, il nous a paru important de resserrer l'adossage industriel de la formation en Génie Atomique, sur la base d’une cartographie à jour des métiers et compétences stratégiques du secteur, dont bien sûr la sûreté nucléaire.

 C’est pourquoi l’INSTN a engagé, en 2011, un échange avec ses partenaires pour formaliser leur besoin d’emplois actuel et futur, établir un « référentiel compétences », sur lequel s’appuiera une réforme de la formation.

 

Les objectifs suivis sont ambitieux :

-          adapter le contenu et la durée de la formation,

-          identifier l’opportunité d’options, l’intérêt d’une filière parallèle par alternance,

-          développer la pédagogie « par projet » (privilégiant la transdisciplinarité),

-          exprimer le syllabus du cours en objectifs pédagogiques, pour mieux les prioriser et vérifier que l’évaluation des étudiants portent bien sur ces fondamentaux

 

Cette « renaissance » d’un Génie Atomique, pourtant rentré dans l’âge de la maturité (55 ans !), relève plus d’un processus d’amélioration continue, mais permettra ainsi d’accompagner les nouveaux besoins exprimés  par le secteur nucléaire.

 

                               Bruno TARRIDE

Professeur INSTN, animateur de l’équipe projet « refonte du GA »

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