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REFERENTIEL METIERS DU GA:
Octobre 2012
Ce texte reprend la méthodologie mise en oeuvre pour l'établissement du référentiel emplois / activités / compétences du Génie Atomique.
1. Objectifs de la formation et projet de réforme :
L’INSTN assure, avec la spécialisation en Génie atomique, la formation d’ingénieurs ayant vocation à exercer leur métier dans le domaine des installations nucléaires, et aujourd’hui plus particulièrement des réacteurs électrogènes.
Les étudiants de cette formation sont recrutés par l’établissement au sein des écoles d’ingénieurs, où ils ont pu acquérir une solide culture d’ingénieur.
L’INSTN intervient pour délivrer une valeur ajoutée dans le domaine des sciences et techniques nucléaires mises en œuvre pour la modélisation, la conception / optimisation, l’exploitation, voire la déconstruction des installations nucléaires, en intégrant, à tous ces stades de vie de l’installation, les exigences de sûreté (protection de l'homme et de l'environnement).
Depuis la réforme 2000, la formation académique vise une double culture scientifique et « procédés »:
. la maitrise d’un domaine scientifique pluridisciplinaire, les phénomènes neutroniques, thermohydrauliques et de physique des matériaux pouvant être couplés.
. la maîtrise du fonctionnement des installations nucléaires, pour l’essentiel les Réacteurs à Eau sous Pression, en appréhendant leur dimension systémique.
En complément, les projets et le stage de fin d’études visent la maîtrise des méthodes et outils de l’ingénieur, à savoir la résolution de problématiques, parfois novatrices, en faisant appel à la collecte et l'interprétation de données, à l’utilisation de code de calculs pour la modélisation, à la mise en œuvre de méthodes d’analyse, voire l'expérimentation.
Enfin, la particularité des installations nucléaires étant le risque potentiel associé à leur exploitation, la thématique sûreté nucléaire constitue le fil rouge de la formation.
Dans une logique d’amélioration continue, et de façon à garantir l’adéquation formation / emploi, l’INSTN a envisagé, dès 2009, une réforme de sa formation de spécialisation, avec mise en œuvre d’une démarche « compétences », c'est-à-dire reposant sur l’établissement d’un référentiel emplois / activités / compétences.
Le contexte actuel Post-Fukushima ne remet nullement en cause ni les objectifs, ni la démarche mise en œuvre, du fait du maintien annoncé des flux globaux d’embauche pour au moins trois métiers pour lesquels la formation bénéficie d’une reconnaissance très forte, à savoir l’ingénierie système, la conduite et la sûreté des réacteurs.
2. Typologie des emplois exercés par les diplômés GA :
En termes d’emploi, l’objectif actuel de l’INSTN est de permettre aux diplômés du Génie Atomique :
. d'être directement opérationnels et de s'adapter facilement à des situations nouvelles et variées,
. d’être capable d’exercer plusieurs "métiers" au cours de leur vie professionnelle et prendre rapidement des responsabilités de management de projets ou d’équipes.
Les enquêtes réalisées auprès des diplômés en activité ont montré qu’ils exerçaient un large éventail de fonctions au sein d’établissements publics, de sociétés industrielles et de service.
En début de carrière plutôt, sur les activités :
- Recherche & développement
- Études et ingénierie,
- Exploitation : conduite, maintenance, essais,
- Sûreté nucléaire, qualité et sécurité,
généralement au sein d’entreprises françaises.
Puis après quelques années d’expérience :
- Conseil et expertise,
- Management de projet,
- Relations clients (généralement au sein des sociétés de service),
selon les profils :
- Management d’équipes, avec responsabilités hiérarchiques.
au sein d’entreprises françaises et étrangères.
Il est intéressant de noter que les diplômés expérimentés, exerçant des responsabilités, jugent que, si les compétences aujourd’hui mobilisées sont bien plus larges que les seules scientifiques et techniques, ces dernières, acquises en formation initiale, structurent toujours leur métier.
Cette particularité semble liée au secteur nucléaire et aux enjeux de sûreté associés.
Elle conforte l’INSTN dans son analyse d’une plus value d’une formation aux sciences et techniques de la spécialité nucléaire pour former les futurs responsables du secteur.
3. Questionnaire transmis aux entreprises
En vue du projet de réforme de la formation, un courrier a été transmis, mi-2011, aux établissements publics et sociétés industrielles, donneurs d’ordre du secteur nucléaire et partenaires de la formation (Ref[1]), pour leur demander une nouvelle expression de leur besoin pour les métiers de la conception, de l’optimisation et de l’exploitation des réacteurs.
Dans ce cadre, le référentiel « emplois » a été diffusé, accompagné d’un questionnaire.
En particulier, il leur était demandé de s’exprimer sur :
- leur définition des métiers cibles de la formation, compte tenu des évolutions de techniques, des stratégies de recrutement..., avec description des activités correspondantes,
- l’ordre de grandeur des flux d’embauche associés, pour les 5 ans à venir,
- la définition des compétences requises pour leur exercice, en les hiérarchisant,
- en regard de ce positionnement, leur jugement sur la formation actuelle, qui priorise trois axes:
- la physique des réacteurs, l’analyse des couplages multi-physiques (projets codes).
- la présentation fonctionnelle du réacteur, sa dimension systémique (projets simulateurs).
- axe transverse : la sûreté nucléaire.
- la vocation de la formation à s’ouvrir à d’autres champs de compétences de l’ingénieur et l’incidence de ce choix sur la durée optimale de la formation,
- l’intérêt de modules optionnels orientés vers des familles de métiers (à définir).
l’ensemble de ces éléments fournissant les bases de la réforme du contenu de la formation.
Par ailleurs, il leur était demandé, pour les mêmes métiers cibles, de préciser :
- la valeur ajoutée de la formation en Génie Atomique pour un jeune diplômé issu d’une école
d’ingénieur généraliste,
- de même, en précisant les métiers concernés, l’intérêt d’une double compétence pour un
jeune diplômé issu d’une école d’ingénieur spécialisée (en indiquant les spécialités concernées),
- la valeur ajoutée d’une éventuelle filière par alternance (apprentis et contrats de professionnalisation).
ces éléments fournissant les bases d’une future politique de recrutement.
4. Analyse du retour des entreprises pour établir un référentiel de compétences du Génie Atomique.
Les premiers retours des entreprises au questionnaire en Ref[1] (Ref[2a],[2b],[2c])[1] ont permis de recueillir des réponses précieuses, en particulier sur :
- l’attachement des entreprises à associer le titre d’ingénieur à la formation de spécialisation en Génie Atomique,
- les flux d’embauche prévus dans les domaines de la R&D, de l’ingénierie et de la production, pour les années 2011-2016,
- les métiers identifiés comme cibles,
- leur intérêt pour une formation par alternance.
Sur la base de ces réponses, le tableau suivant présente les regroupements opérés pour définir trois familles de métiers[2] :
- faisant le lien avec les emplois et activités précédemment décrits,
- et ouvrant vers d’éventuels modules de formation orientés « métiers », complémentaires à un socle commun de compétences GA.
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EDF :
Ingénieur
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AREVA : Ingénieur
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IRSN :
Ingénieur
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CEA :
Ingénieur
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Marine Nationale
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Corresp.
emplois
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Ref
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[2a] Courrier EDF Servière du 21/09/2011
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[2b] ENEN III
FP7-232629
+ Courrier Neyret
(en attente)
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> 01/01/2012 (réorganisation IRSN)
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Action en cours au 06/01/2012
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[2c] EAMEA/ ENS/NP
2-55530-2011
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FM1
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-CEA1 Etudes physiques
-CEA2 Etudes préconception systèmes innovants
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E1
E2
E2
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FM2
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-EDF1 DIN Etudes sûreté fonctionnement
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-AR1 Système & procédé (conception, optimisation)
-AR2 Evaluation sûreté
-AR3 Sûreté INB autres que réacteurs*
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- IRSN Analyse de sûreté
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E4
E5
E6
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FM3
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- EDF2 DPN Exploitation
-EDF3 DPN Sûreté
-EDF4 DPN Cœur-combu
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- CEA3 Exploitation INB
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MN1a Exploiter à la mer
MN1b Exploiter à quai
MN 1c Gestion accident
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E7
E8
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FM4
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EDF5 Formateur
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-CEA4 Formateur
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MN2 Conseiller MN3 Enseigner
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* demande AREVA de couvrir au mieux ce métier, malgré la spécificité « réacteur » du GA, non contesté, par ailleurs.
Les compétences associées à ces métiers ont été exprimées par les entreprises, en termes de connaissances et savoir faire, selon une maquette proposée par l’INSTN.
Le référentiel compétences se propose de faire la synthèse des réponses Ref[2i], en, notant qu’un nombre limité de compétences n’a pas été retenu, car celles-ci sont jugées trop spécifiques ou relevant de la situation professionnelle.
Celles traitées sont cohérentes avec d’autres références comme le référentiel APEC des métiers cadres du secteur de l’énergie (Ref[3a]) ou les fiches métiers ONISEP de la filière nucléaire (Ref[3b]).
Pour autant, le référentiel de certification du Génie Atomique, ne peut se limiter à ce corpus, ainsi défini.
En effet, lors de la précédente réforme, un audit approfondi de la formation avait été mené par un comité d’évaluation de l’enseignement de Génie Atomique, composé de représentants industriels et de membres de l’enseignement supérieur. Celui-ci avait fait l’objet d’un rapport (Ref[4]).
Une mise en garde importante avait alors été exprimée : le Génie atomique ne doit pas seulement viser à former des spécialistes, directement opérationnels sur un premier poste, mais des ingénieurs :
- possédant « une forte capacité de mobilité scientifique et une forte aptitude d’adaptation, requises pour l’évolution de carrière au sein des grands groupes »[3]
- s’adaptant au contexte technologique (ex. « vieillissement des installations »), économique (« compétitivité des moyens de production »), au « durcissement » des exigences de sûreté…
En complément, deux enquêtes, réalisées respectivement en 2006 et 2009, ont permis une évaluation « à froid » de la formation, réformée en 2000, et de vérifier que ces objectifs étaient bien atteints.
- celle de 2006 (Ref[5a]) interrogeait des jeunes diplômés, sur leur premier poste, ainsi que leur manager direct. Elle a, en particulier, confirmé la plus value de la formation pour l’insertion professionnelle des diplômés, jugés opérationnels sur de très nombreux postes.
- celle de 2009 (Ref[5b]) interrogeait des diplômés expérimentés (10 à 20 ans d’expérience). Elle a confirmé que la formation facilitait l’évolution de carrière, car, particularité du secteur, l’exercice de responsabilités « nécessite une culture nucléaire transverse, mais surtout une légitimité scientifique, ne pouvant s’acquérir qu’en formation initiale ».
De nombreuses réserves étaient cependant exprimées sur le Génie Atomique, comme l’insuffisance de l’apport de la formation pour ce qui concerne les méthodes de l’ingénieur (conduite de projet…), et les sciences humaines et sociales (communication, anglais, droit, facteurs humains et organisationnels …).
Aussi, en vue de la prochaine réforme de la formation, le référentiel compétences établi intègre deux éléments :
- bien sûr, la réponse des entreprises au questionnaire récemment envoyé (Ref[2i]),
- mais aussi tout le retour d’expérience intégré depuis la précédente réforme, alimenté par les documents cités (Ref[4] à Ref[5b]), ainsi que par les échanges informels avec les anciens élèves ou, par exemple, à l’occasion des visites de stages.
Sur le premier élément, le principal apport des retours des entreprises concerne l’identification des savoir-faire exigibles sur un premier poste, qui permettra de développer la composante : études de cas, projets, simulateurs… de la formation, associée à une pédagogie active.
Sur le deuxième point, l’INSTN a cherché, par rapport à l’existant, à :
- maintenir les compétences en physique des réacteurs, en développant la transdisciplinarité (couplages multi-physiques).
- maintenir les compétences sur le système réacteur,
- développer les compétences en sciences humaines économiques et sociales (SHES), utiles à l’ingénieur du secteur nucléaire,
- développer les savoir-faire, en termes de méthodes de l’ingénieur.
La structure retenue pour la définition de ce référentiel compétences est de type matriciel, avec:
- distinction des compétences génériques ou transverses aux métiers, de celles plus spécifiques à chaque famille de métier identifiée (FM1 à FM3),
- distinction des compétences en trois rubriques :
- * connaissances scientifiques et techniques nucléaires,
- * savoir-faire associés, dont l’apprentissage exige une pédagogie active,
- * autres compétences (dont SHES).
Cette structure permettra une exploitation directe pour l’établissement du nouveau référentiel de formation et certification, constituant le cahier des charges de la formation réformée.
[1] Au 06/01/2012, réponse complète de la part d’EDF et la Marine Nationale, partielle pour AREVA ; en attente de la réponse de DCSN et IRSN. L’avant projet de référentiel sera, par ailleurs, soumis au CEA et à diverses entreprises de prestation de service.
[2] Une 4eme famille « formation et conseil » est présentée pour mémoire ; les compétences associées étant couvertes par les trois familles précédentes.
[3] Exigence du représentant EDF, précisant que leur recrutement était réalisé pour offrir une carrière attractive dans le groupe et que la durée d’exercice dans une fonction n’excédait généralement pas 5 ans (turn-over).
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