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La formation en Génie Atomique / Référentiel métiers
 

 

REFERENTIEL METIERS, REFERENTIEL FORMATION DU GA:

Juin 2013


Ce texte reprend la méthodologie mise en oeuvre pour l'établissement du référentiel emplois / activités / compétences, puis du référentiel formation du Génie Atomique. 

 

1. Objectifs de la formation et projet de réforme :

 

L’INSTN assure, avec la spécialisation en Génie atomique, la formation d’ingénieurs ayant vocation à exercer leur métier dans le domaine des installations nucléaires, et aujourd’hui plus particulièrement des réacteurs électrogènes.

 

Les étudiants de cette formation sont recrutés par l’établissement au sein des écoles d’ingénieurs, où ils ont pu acquérir une solide culture d’ingénieur.

L’INSTN intervient pour délivrer une valeur ajoutée dans le domaine des sciences et techniques nucléaires mises en œuvre pour la modélisation, la conception / optimisation, l’exploitation, voire la déconstruction des installations nucléaires, en intégrant, à tous ces stades de vie de l’installation, les exigences de sûreté (protection de l'homme et de l'environnement).

 

Depuis la réforme 2000, la formation académique vise une double culture scientifique et « procédés »:

. la maitrise d’un domaine scientifique pluridisciplinaire, les phénomènes neutroniques, thermohydrauliques et de physique des matériaux pouvant être couplés.

. la maîtrise du fonctionnement des installations nucléaires, pour l’essentiel les Réacteurs à Eau sous Pression, en appréhendant leur dimension systémique.

En complément, les projets et le stage de fin d’études visent la maîtrise des méthodes et outils de l’ingénieur, à savoir la résolution de problématiques, parfois novatrices, en faisant appel à la collecte et l'interprétation de données, à l’utilisation de code de calculs pour la modélisation, à la mise en œuvre de méthodes d’analyse, voire l'expérimentation.

Enfin, la particularité des installations nucléaires étant le risque potentiel associé à leur exploitation, la thématique sûreté nucléaire constitue le fil rouge de la formation.

 

Dans une logique d’amélioration continue, et de façon à garantir l’adéquation formation / emploi,  l’INSTN a envisagé, dès 2009, une réforme de sa formation de spécialisation, avec mise en œuvre d’une démarche « compétences », c'est-à-dire reposant sur l’établissement d’un référentiel emplois / activités / compétences.

 

Le contexte actuel Post-Fukushima ne remet nullement en cause ni les objectifs, ni la démarche mise en œuvre, du fait du maintien annoncé des flux globaux d’embauche pour au moins trois métiers pour lesquels la formation bénéficie d’une reconnaissance très forte, à savoir l’ingénierie système, la conduite et la sûreté des réacteurs.

 

 

2. Typologie des emplois exercés par les diplômés GA :

 

En termes d’emploi, l’objectif actuel de l’INSTN est  de permettre aux diplômés du Génie Atomique :

- d'être directement opérationnels et de s'adapter facilement à des situations nouvelles et variées,

- d’être capable d’exercer plusieurs "métiers" au cours de leur vie professionnelle et prendre rapidement des responsabilités de management de projets ou d’équipes.

 

Les enquêtes réalisées auprès des diplômés en activité ont montré qu’ils exerçaient un large éventail de fonctions au sein d’établissements publics, de sociétés industrielles et de service.

 

En début de carrière plutôt, sur les activités :

- Recherche & développement

- Études et ingénierie,

- Exploitation : conduite, maintenance, essais,

- Sûreté nucléaire, qualité et sécurité,

généralement au sein d’entreprises françaises.

 

Puis après quelques années d’expérience :

- Conseil et expertise,

- Management de projet,

- Relations clients (généralement au sein des sociétés de service),

selon les profils :

- Management d’équipes, avec responsabilités hiérarchiques.

au sein d’entreprises françaises et étrangères.

 

Il est intéressant de noter que les diplômés expérimentés, exerçant des responsabilités, jugent que, si les  compétences aujourd’hui mobilisées sont bien plus larges que les seules scientifiques et techniques, ces dernières, acquises en formation initiale, structurent toujours leur métier.

Cette particularité semble liée au secteur nucléaire et aux enjeux de sûreté associés.

Elle conforte l’INSTN dans son analyse d’une plus value d’une formation aux sciences et techniques de la spécialité nucléaire pour former les futurs responsables du secteur.

 

 

 3. Questionnaire transmis aux entreprises

 

En vue du projet de réforme de la formation, un courrier a été transmis, mi-2011, aux établissements publics et sociétés industrielles, donneurs d’ordre du secteur nucléaire et partenaires de la formation, pour leur demander une nouvelle expression de leur besoin pour les métiers de la conception, de l’optimisation et de l’exploitation des réacteurs.

Dans ce cadre, le référentiel « emplois » a été diffusé, accompagné d’un questionnaire.

 

En particulier, il leur était demandé de s’exprimer sur :

- leur définition des métiers cibles de la formation, compte tenu des évolutions de techniques, des stratégies de recrutement..., avec description des activités correspondantes,

- l’ordre de grandeur des flux d’embauche associés, pour les 5 ans à venir,

- la définition des compétences requises pour leur exercice, en les hiérarchisant,

- en regard de ce positionnement, leur jugement sur la formation actuelle, qui priorise trois axes:

- la physique des réacteurs, l’analyse des couplages multi-physiques (projets codes).

- la présentation fonctionnelle du réacteur, sa dimension systémique (projets simulateurs).  

- axe transverse : la sûreté nucléaire.

- la vocation de la formation à s’ouvrir à d’autres champs de compétences de l’ingénieur et l’incidence de ce choix sur la durée optimale de la formation,

- l’intérêt de modules optionnels orientés vers des familles de métiers (à définir).

l’ensemble de ces éléments fournissant les bases de la réforme du contenu de la formation.

 

Par ailleurs, il leur était demandé, pour les mêmes métiers cibles, de préciser :

- la valeur ajoutée de la formation en Génie Atomique pour un jeune diplômé issu d’une école

d’ingénieur généraliste,

- de même, en précisant les métiers concernés, l’intérêt d’une double compétence pour un

jeune diplômé issu d’une école d’ingénieur spécialisée (en indiquant les spécialités concernées),

- la valeur ajoutée d’une éventuelle filière par alternance (apprentis et contrats de professionnalisation).

ces éléments fournissant les bases d’une future politique de recrutement.

 

 

4. Analyse du retour des entreprises pour établir un référentiel de compétences du Génie Atomique.

 

Les premiers retours des entreprises au questionnaire ont permis de recueillir des réponses précieuses, en particulier sur :

-          l’attachement des entreprises à associer le titre d’ingénieur à la formation de spécialisation en Génie Atomique,

-          les flux d’embauche prévus dans les domaines de la R&D, de l’ingénierie et de la production, pour les années 2011-2016,

-          les métiers identifiés comme cibles,

-          leur intérêt pour une formation par alternance.

Sur la base de ces réponses, le tableau suivant présente les regroupements opérés pour définir trois familles de métiers :

-          faisant le lien avec les emplois et activités précédemment décrits,

-          et ouvrant vers d’éventuels modules de formation orientés « métiers », complémentaires à un socle commun de compétences GA.

 

 

EDF :

Ingénieur

AREVA : Ingénieur

IRSN :

Ingénieur

CEA :

Ingénieur

Marine Nationale

 

 

 

 

     

 

FM1

 

 

 

-CEA1 Etudes physiques

-CEA2 Etudes préconception systèmes innovants

 

 

FM2

-EDF1 DIN Etudes sûreté fonctionnement

-AR1 Système & procédé (conception, optimisation)

-AR2 Evaluation sûreté

-AR3 Sûreté INB autres que réacteurs*

- IRSN Analyse de sûreté

 

 

 

FM3

- EDF2 DPN Exploitation

-EDF3 DPN Sûreté

-EDF4 DPN Cœur-combu

 

 

- CEA3 Exploitation INB

MN1a Exploiter à la mer

MN1b Exploiter à quai

MN 1c Gestion accident

 

 

 

 

 

 

 

 

* demande AREVA de couvrir au mieux ce métier, malgré la spécificité « réacteur » du GA, non contesté, par ailleurs.

 

Les compétences associées à ces métiers ont été exprimées par les niveaux RH des entreprises, en termes de connaissances et savoir faire, selon une maquette proposée par l’INSTN.

 

Le référentiel compétences du Génie Atomique fait la synthèse des réponses. Pour autant, il ne peut se limiter à ce corpus, ainsi défini.

 

En effet, lors de la précédente réforme, un audit approfondi de la formation avait été mené par un comité d’évaluation de l’enseignement de Génie Atomique, composé de représentants industriels et de membres de l’enseignement supérieur. Celui-ci avait fait l’objet d’un rapport.

Une mise en garde importante  avait alors été exprimée : le Génie atomique ne doit pas seulement viser à former des spécialistes, directement opérationnels sur un premier poste, mais des ingénieurs :

- possédant  « une forte capacité de mobilité scientifique et une forte aptitude d’adaptation, requises pour l’évolution de carrière au sein des grands groupes »

- s’adaptant au contexte technologique (ex. « vieillissement des installations »),  économique (« compétitivité des moyens de production »), au « durcissement » des exigences de sûreté…

 

En complément, deux enquêtes, réalisées respectivement en 2006 et 2009, ont permis une évaluation « à froid » de la formation, réformée en 2000, et de vérifier que ces objectifs étaient bien atteints.

 -          celle de 2006 interrogeait des jeunes diplômés, sur leur premier poste, ainsi que leur manager direct. Elle a, en particulier, confirmé la plus value de la formation pour l’insertion professionnelle des diplômés, jugés opérationnels sur de très nombreux postes.

 -          celle de 2009 interrogeait des diplômés expérimentés (10 à 20 ans d’expérience). Elle a confirmé que la formation facilitait l’évolution de carrière, car, particularité du secteur, l’exercice de responsabilités « nécessite une culture nucléaire transverse, mais surtout une légitimité scientifique, ne pouvant s’acquérir qu’en formation initiale ».

De nombreuses réserves  étaient cependant exprimées sur le Génie Atomique, comme l’insuffisance de l’apport de la formation pour ce qui concerne les méthodes de l’ingénieur (conduite de projet…), et les sciences humaines et sociales (communication, anglais, droit, facteurs humains et organisationnels …).

 

Aussi, le référentiel compétences établi intègre deux éléments :

-          le retour RH des entreprises, sur leur perception des métiers et compétences GA,

-          mais aussi les enseignements des audits et enquêtes diplômés précitées, ainsi que des échanges informels avec les anciens élèves .

 

Sur le premier élément, le principal apport des retours des entreprises concerne l’identification des savoir-faire exigibles sur un premier poste, qui permettra de développer la composante : études de cas, projets, simulateurs… de la formation, associée à une pédagogie active.

 

Sur le deuxième point, l’INSTN a cherché, par rapport à l’existant, à  :

-          maintenir les compétences en physique des réacteurs, en développant la transdisciplinarité (couplages multi-physiques).

-          maintenir les compétences sur le système réacteur,

-          développer les compétences en sciences humaines économiques et sociales (SHES), utiles à l’ingénieur du secteur nucléaire,

-          développer les savoir-faire, en termes de méthodes de l’ingénieur.

 

La structure retenue pour la définition de ce référentiel compétences est de type matriciel, avec :

-          distinction des compétences génériques ou transverses aux métiers, de celles plus spécifiques à chaque famille de métier identifiée,

-          distinction des compétences en trois rubriques : connaissances scientifiques et techniques nucléaires, savoir-faire associés, dont l’apprentissage exige une pédagogie active, enfin autres compétences (dont SHES).

 

 

5. Nouveau référentiel formation du Génie Atomique :

 

Le référentiel compétences matricel a permis une exploitation directe pour l’établissement du nouveau référentiel de formation du Génie Atomique, définissant les objectifs pédagogiques du cours.

 

Le programme ainsi élaboré, et mis en oeuvre dès la rentrée 2013, a une structure divisée en 3 unités d'enseignement. Il fait la part belle aux travaux dirigés, travaux pratiques et projets, dont  les projets transdisciplinaires  : 

  

 

Matières

Heures d’enseignement encadrées

 

 

ECTS*

REPe

(Sac ou Cad)

REP PN

(Cherbourg)

Armes

(Cherbourg)

Introduction au GA 

6 heures

 

 

 

 

 

UE1

Physique des réacteurs

 

23 ECTS

 

 

 

Physique Nucléaire – IRM

3

24 heures 

dont 13,5h de TDs

Neutronique

7

75 heures

dont 18h de TDs et 24h de TPs

Thermohydraulique des réacteurs

 

6

6+63 heures

dont 25h de TDs et 6h de TPs

 

Détonique

 

51 heures

Matériaux nucléaires

3

30 heures

dont 7h de TDs

Projet transdisciplinaire codes

 

4

 

18 heures encadrées

+ travail personnel

 

Neutronique armes

 

24 h 

 

 

 

 

UE2

Culture nucléaire

&SHES

 

14 ECTS

 

Radioprotection

3

33 heures

dont 12h de TDs et 3h de TP

Risque criticité

 

1

 

12h + 3h de TP

3 h TP

3h TP

Physico-chimie des REP PN

 

12 h 

 

Ingénierie matériaux explosifs

 

 

12 h 

Cycle du combustible

2

21 heures

dont 3h de TDs et 3h de Conf Démantèlement

Instrumentation nucléaire

2

18 heures, dont 9h de TPs

Projet transdisciplinaire

2

9 heures encadrées + travail personnel 

Facteurs humains et organisationnels

2

9 heures encadrées + travail personnel 

Economie, géopolitique des énergies

2

12 heures

Conférences SHES

12 heures

Anglais

Pour mémoire : TOIEC > 785 points exigible

 

UE3

Fonction-nement et sûreté des systèmes nucléaires

 

14 ECTS

Filières de réacteurs nucléaires

2

21 heures

dont 3h de TDs

Sûreté nucléaire

 

2

18 heures

Réacteurs REP électrogènes

 

8

 

87 heures

dont 24h TDs et 24h simulateurs

 

Réacteurs REP de propulsion navale

 

90 h 

 

Têtes nucléaires

 

90 h 

Projet transdisciplinaire

 

2

9 heures encadrées + travail personnel 

Sous-total “ Enseignements ” (7 mois)

51

~ 500 h

(dont 45% de TDs, TPs, simulateurs, projets)

 

Projet de fin d’études  (5 mois min)

24

700 h

 

TOTAL GENIE ATOMIQUE

75

1200 h

 

                 

* ECTS : European Credit Transfer System  

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